Que peut vraiment faire l’IA sur vos contrats ?
Un éditeur vous présente son IA sur vos contrats et vous voulez savoir quelles tâches lui confier, et lesquelles garder.
Confiez à l’IA la lecture d’un stock et la préparation d’une revue : relever des dates écrites, des parties et des montants, retrouver une clause, signaler ce qui manque. Gardez la décision : dénoncer, renégocier ou accepter un risque reste le travail d’une personne. Les éditeurs dont nous avons lu les conditions écrivent eux-mêmes que le résultat se vérifie.
Commencez par ce qui est écrit noir sur blanc et se contrôle en quelques secondes. Les dates à déduire, comme un préavis, et les clauses rares viennent ensuite, sous contrôle. Si votre stock est très homogène, par exemple signé sur votre propre modèle, vous pouvez aller plus loin, à condition de l’avoir mesuré.
Notre avis
L’IA lit et prépare, une personne décide. L’ordre à suivre va du plus facile à contrôler au plus coûteux en cas d’erreur : dates écrites, parties et montants d’abord.
Pourquoi
- Le résultat dépend du champ. Sur le même jeu de contrats américains, deux travaux à quatre ans d’écart trouvent le droit applicable et les parties bien plus faciles que les clauses de responsabilité ou de préavis.
- Une valeur écrite se vérifie d’un coup d’œil sur le passage d’origine. Une date déduite demande de lire plusieurs clauses, parfois un avenant : l’erreur coûte plus et se voit moins.
- Les conditions lues laissent la vérification au client. Tomorro écrit que ses fonctions d’IA ne doivent pas servir de seule base de décision, DiliTrust parle d’un résultat de travail et non d’une décision automatique.
Ce qui change notre avis
Sur un stock homogène, avec un bon résultat mesuré chez vous sur ce champ, allégez le contrôle pas à pas. À l’inverse, avec moins de 100 contrats vivants (notre repère), lire le stock vous-même reste plus simple que d’acheter pour cela.
L’ordre que nous conseillons
- Confiez d’abord les dates écrites (signature, échéance initiale), les parties et les montants, avec un contrôle par échantillon une fois votre test passé.
- Ajoutez ensuite le repérage de clauses courantes, pour préparer une revue qu’une personne fait.
- Gardez sous vérification systématique les dates à déduire et les clauses rares ou à risque.
- Ne confiez jamais à l’outil la décision elle-même.
Sept tâches, de la plus sûre à celle qu’on garde
| Tâche | Ce que nous en attendons | Le contrôle qui va avec |
|---|---|---|
| Parties, date de signature, échéance initiale écrite | Le meilleur point de départ | Échantillon, après un test réussi |
| Montants, prix, minimums | Une hypothèse : aucune étude lue ne les isole | Testez ce champ à part, chez vous |
| Date d’effet | Moins simple qu’elle n’en a l’air | Échantillon seulement si votre test le permet |
| Retrouver une clause courante | Prépare bien une revue | Une personne lit le passage retrouvé |
| Préavis, fin après reconduction | Aide à trouver le passage, sans plus | Vérification de chaque valeur |
| Clauses rares ou à risque | Attendez des oublis | Relecture par un juriste |
| Dénoncer, renégocier, accepter un risque | Rien : ce n’est pas son travail | Une décision nommée, prise par une personne |
Pourquoi le champ compte plus que le produit annoncé
CUAD est un jeu public de 510 contrats en anglais, déposés auprès de la SEC américaine. En 2021, son article mesure des modèles d’avant les grands modèles de langage, et note qu’une catégorie peut approcher 100 % d’AUPR (un score global de précision et de rappel) quand une autre reste vers 20 %. En 2025, la prépublication ContractEval reprend ce jeu avec 19 modèles récents, appelés directement, sans logiciel de contrats autour. Les quatre modèles propriétaires y obtiennent un F1 (précision et rappel combinés, sur 1) de 0,497 à 0,644, avec une règle sévère : le passage doit être couvert en entier.
Ces chiffres ne disent rien de contrats français, de scans dégradés ni d’un logiciel du marché. Ils établissent un seul point utile pour vous : une moyenne cache des écarts énormes entre champs. Le détail, étude par étude, a sa propre page.
Ironclad le dit à sa façon : l’efficacité de sa détection dépend de la ressemblance entre vos données et celles de son entraînement. C’est ce qui justifie notre contre-cas. Un stock signé sur vos modèles ne garantit rien, mais il rend un bon résultat plus plausible, et le test le dira vite.
Là où vous gardez la main
La CNIL cite parmi les usages à encadrer le fait de ne pas confier de prise de décision à ces systèmes, et rappelle qu’ils peuvent produire des résultats inexacts mais plausibles. Ce n’est pas une règle contraignante, et elle vise l’IA générative en général, mais la consigne tient pour un contrat : l’outil peut vous dire qu’une clause de reconduction existe, pas s’il faut garder le fournisseur.
Tomorro interdit d’ailleurs dans ses CGV les décisions entièrement automatisées produisant des effets juridiques, sans intervention humaine appropriée. Qui paie quand l’extraction se trompe fait l’objet d’une autre page, avec les clauses lues.
Limites de cette page
Cet ordre est notre avis, construit à partir d’études sur des contrats en anglais et de pages d’éditeurs. Nous n’avons trouvé aucune mesure publique sur des contrats français, et aucun chiffre sur les montants. Il ne remplace pas un test sur vos contrats, et il ne classe aucun logiciel.
Preuves et sources
Études publiques et documentation de plusieurs éditeurs lues le 5 novembre 2026. Nous n’avons testé aucun logiciel : cette page fixe des attentes et ne note aucun produit.
Voir les 8 éléments : ce qui est un fait lu, une déclaration, notre déduction ou notre avis
Notre avis. Ordre des tâches : dates écrites, parties et montants d’abord ; dates à déduire et clauses à risque sous contrôle ; décision à une personne. Moins de 100 contrats vivants : notre repère pour ne pas acheter pour l’IA.
Réserve : Repère et ordre sont nos opinions, pas une norme.
Relevé le 5 novembre 2026.
Fait lu. Sur CUAD (510 contrats en anglais déposés auprès de la SEC, modèles de 2021), l’AUPR varie selon la catégorie, certaines approchant 100 %, d’autres autour de 20 %.
Portée : DeBERTa-xlarge, 41 catégories.
Réserve : Modèle de 2021. Ne dit rien de contrats français ni d’un logiciel du marché.
Relevé le 5 novembre 2026.
- Hendrycks et al. (NeurIPS 2021, Datasets and Benchmarks) : CUAD: An Expert-Annotated NLP Dataset for Legal Contract Review arXiv v2, 8 nov. 2021. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. ContractEval applique 19 modèles aux 4 128 points de test de CUAD ; les F1 des quatre modèles propriétaires vont de 0,497 à 0,644, avec une règle de couverture complète du passage.
Portée : Prépublication d’août 2025, contrats en anglais, modèles appelés sans logiciel CLM.
Réserve : Ne mesure ni un logiciel CLM, ni un contrat français, ni l’étape de lecture des scans.
Relevé le 5 novembre 2026.
- Liu et al. : ContractEval: Benchmarking LLMs for Clause-Level Legal Risk Identification in Commercial Contracts arXiv v1, 5 août 2025. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. Tomorro écrit que ses fonctionnalités d’IA ne doivent pas être utilisées comme seule base de décision, et ses CGV excluent les décisions entièrement automatisées produisant des effets juridiques sans intervention humaine appropriée.
Portée : Conditions d’utilisation de l’IA et CGV en ligne.
Réserve : Un contrat négocié peut différer.
Relevé le 5 novembre 2026.
- Tomorro : Conditions d'utilisation de l'IA affichée « Version du 25/04/2025 », lien vers une version du 29/07/2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- Tomorro : Conditions Générales de Vente et d'Utilisation affichées « Version du 29/07/2026 ». Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. DiliTrust écrit que la sortie de l’IA est un résultat de travail et non une décision automatique, à relire et valider avant de s’y fier.
Portée : Centre d’aide en anglais.
Relevé le 5 novembre 2026.
- DiliTrust : Lini – Frequently Asked Questions about our AI Engine « Modified on Wed, 21 Oct » (année non affichée). Lu le 5 novembre 2026. Page de l’éditeur.
Déclaration de l’éditeur. Ironclad reconnaît que l’efficacité de sa détection dépend de la ressemblance entre les données du client et celles de l’entraînement.
Portée : Documentation d’Ironclad.
Réserve : Ne chiffre pas l’écart.
Relevé le 5 novembre 2026.
- Ironclad : Ironclad AI Overview date non capturée. Lu le 5 novembre 2026. Page de l’éditeur.
Fait lu. La CNIL indique que ces systèmes peuvent produire des résultats inexacts mais plausibles, et donne en exemple d’encadrement le fait de ne pas confier de prise de décision.
Portée : Recommandation du 18 juillet 2024, IA générative en général.
Réserve : Non contraignant, sans seuil ni méthode.
Relevé le 5 novembre 2026.
- CNIL : Les questions-réponses de la CNIL sur l'utilisation d'un système d'IA générative 18 juillet 2024. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- CNIL : Comment déployer une IA générative ? La CNIL apporte de premières précisions 18 juillet 2024. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Notre déduction. Nous n’avons trouvé aucune mesure publique sur des contrats français, ni aucune étude isolant l’extraction des montants.
Portée : Études lues au 5 novembre 2026.
Réserve : Dit que nous n’en avons pas trouvé, pas qu’aucune n’existe. Recherche en français incomplète.
Relevé le 5 novembre 2026.
- Hendrycks et al. (NeurIPS 2021, Datasets and Benchmarks) : CUAD: An Expert-Annotated NLP Dataset for Legal Contract Review arXiv v2, 8 nov. 2021. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- Koreeda & Manning (Findings of EMNLP 2021) : ContractNLI: A Dataset for Document-level Natural Language Inference for Contracts arXiv v1, 5 oct. 2021. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- Wang et al. : MAUD: An Expert-Annotated Legal NLP Dataset for Merger Agreement Understanding arXiv v3, 24 nov. 2023. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- Liu et al. : ContractEval: Benchmarking LLMs for Clause-Level Legal Risk Identification in Commercial Contracts arXiv v1, 5 août 2025. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- Martin et al. (Onit Inc.) : Better Call GPT, Comparing Large Language Models Against Lawyers arXiv v1, 24 janv. 2024. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.