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Quel Logiciel Contrats

Ce que les études publiques disent de l’extraction de clauses

Vous voulez fonder vos attentes sur autre chose que le discours des éditeurs, et vous vous demandez ce que les travaux publics vous apprennent sur vos contrats.

Ces travaux établissent deux choses utiles. Le résultat varie énormément d’une clause à l’autre : on y voit de bons scores sur le droit applicable ou les parties, des échecs sur d’autres clauses. Et un score dépend de la règle de notation, pas seulement du modèle, si bien que leurs chiffres ne se comparent pas entre eux.

Ils ne parlent pas de vos contrats français : tous ceux qui portent sur des contrats sont en anglais, et aucun ne mesure un logiciel de gestion des contrats vendu aux PME. Si votre stock est en anglais, de type common law et bien numérisé, ces travaux pèsent davantage.

Notre avis

Servez-vous de ces études pour savoir quoi tester et comment, jamais pour prédire le score d’un outil sur votre stock. Aucune ne vous dispense de votre propre mesure.

Pourquoi

  • Les documents ne sont pas les vôtres : les contrats de CUAD viennent de la base américaine EDGAR, et ses auteurs les disent plus compliqués et plus négociés que la moyenne.
  • Les modèles vieillissent vite : CUAD note des modèles de 2021, Onit de fin 2023, ContractEval des versions de 2025 déjà remplaçables.
  • Les comparaisons avec l’humain sont fragiles : l’article d’Onit annonce une domination des modèles sur dix contrats, Vals voit dans la sortie un point de départ pour le juriste, et ContractEval parle de juniors sans groupe humain mesuré.

Ce qui change notre avis

Pour un stock en anglais, de type common law et bien numérisé, ces travaux pèsent davantage. Si une évaluation sur des contrats français paraît, elle changera cette page : nous n’en avons pas trouvé à ce jour.

Huit travaux, chiffre par chiffre

F1 : score sur 1 qui combine précision et rappel. AUPR : aire sous la courbe précision-rappel, sur 100. Un chiffre n’a de sens qu’avec la règle de sa ligne.

Études lues au 5 novembre 2026
TravailMéthode et documentsLangueChiffreCe qu’il ne dit pas
CUAD (2021)510 contrats déposés à la SEC, 41 catégories, 13 101 clauses annotées ; modèles ajustés, partition 80/20AnglaisAUPR de 47,8 à 48,2 ; 44,0 % de précision à 80 % de rappel, 17,8 % à 90 %Rien sur les grands modèles actuels, le français ou les scans
ContractNLI (2021)607 accords de confidentialité, 17 hypothèses fixes : implique, contredit ou ne mentionne pasAnglaisAvec une base BERT large : exactitude 0,875 ; F1 0,834 sur l’implication, 0,357 sur la contradictionUne tâche de classement sur un type de contrat, sans extraction de champs
MAUD (2023)152 accords de fusion, 92 questions, à partir d’extraits déjà isolésAnglaisAUPR de 52,6 % à 57,8 %, pour 16,8 % au hasardNe teste pas l’extraction elle-même, selon ses auteurs
ContractEval (2025)Prépublication. 19 modèles, jeu de test de CUAD (4 128 points, 102 contrats), passage à couvrir en entierAnglaisF1 de 0,497 à 0,644 pour les quatre modèles propriétaires ; 1,1 % à 7,2 % de faux « aucune clause »Ni logiciel CLM, ni contrat français, ni lecture de scans
Box, Han et Jalagam (2025)Auteurs salariés d’un éditeur. 8 champs de CUAD, et un jeu interne de baux à plus de 40 champsAnglais pour CUADF1 de 0,66 à 0,84 sur CUAD selon les réglages ; 0,90 à 0,94 si on fournit les bons passages ; 0,36 à 0,48 sur les bauxJeu interne non public, résultat d’éditeur, autre définition de la précision
Onit, Better Call GPT (2024)Auteurs salariés d’un éditeur. Prépublication, 10 contrats d’achats américains et néo-zélandais, référence fixée par des avocats seniorsAnglaisF 0,87 pour GPT4-1106 et le prestataire externalisé, 0,86 pour les juniors sur la détermination ; sur la localisation, 0,74 pour le meilleur modèle (GPT4-32k), 0,77 pour le prestataire et 0,67 pour les juniorsDix contrats ne soutiennent pas la conclusion générale de l’article
Vals Legal AI Report (2025)Outils pour cabinets. 30 questions, 29 documents, 204 points, notation automatique par un modèleAnglaisExtraction : 64,0 % à 75,1 % selon l’outil, 71,1 % pour les avocats, à environ 3 points prèsNi CLM, ni français. Vals signale une relation client avec au moins un participant
MultiOCR-QA (2025)Questions-réponses sur des archives, texte corrigé ou brut, six modèles ouvertsFrançais, anglais, allemandEn français, présence de la bonne réponse en baisse d’environ 20 %, score sémantique de moins de 2 %Ni contrats, ni extraction de champs

Trois conclusions qui tiennent malgré ces limites

La moyenne cache l’essentiel. CUAD voit des catégories proches de 100 d’AUPR et d’autres vers 20. ContractNLI affiche 0,875 d’exactitude et 0,357 de F1 sur la classe rare. Testez donc par champ.

La règle fait le score. Dans ContractEval, le même modèle (GPT 4.1 mini) sur les mêmes contrats obtient environ 0,33 de F1 au préavis, mais environ 0,75 de similarité de Jaccard (part de texte commune entre sa réponse et le passage attendu, quand une clause existe). Sur les parties, c’est l’inverse : environ 0,95 de F1 et 0,18 de Jaccard. CUAD 2021 donne environ 50 sur 100 au préavis, mais avec une autre mesure et un modèle plus ancien : cet écart-là ne prouve rien sur la règle. Ces valeurs viennent de nos lectures de graphiques. Fixez donc votre règle avant de tester. Le texte de ContractEval parle pour sa part de scores presque nuls sur ce champ, et le désaccord avec sa figure est décrit sur la page des dates.

Un relecteur seul n’est pas une référence. Dans Vals, le groupe d’avocats de comparaison obtient 71,1 % en extraction, et 39,2 % sur la question la plus chargée (40 champs sur trois contrats de crédit). Le rapport décrit aussi des outils qui s’arrêtent à une clause quand trois répondent à la question. Ces chiffres ne montrent pas que l’IA égale un juriste : ils justifient deux lecteurs et un arbitrage dans votre test.

Ce que nous laissons de côté, et pourquoi

ACORD mesure la recherche de clauses pour la rédaction, et LegalBench un ensemble de 162 tâches de raisonnement juridique : d’autres tâches que l’extraction d’un stock. Les travaux sur les hallucinations, qui rapportent de 58 % à 88 % de réponses fausses sur des décisions fédérales américaines interrogées sans document, ou de 17 % à 33 % pour des outils de recherche juridique américains, portent sur des questions de droit en anglais, sans contrat fourni. Ne les appliquez pas à la lecture d’un contrat que vous avez donné à l’outil.

La phrase de ContractEval sur un niveau comparable à des assistants juridiques juniors ne repose sur aucun groupe humain mesuré dans l’article : le rôle de junior y est une consigne donnée au modèle. Ne la citez pas comme une comparaison.

Limites de cette page

Cette page résume des travaux, sans les refaire. Certaines valeurs par champ sont lues sur des graphiques, à quelques points près. Notre recherche d’évaluations en français reste incomplète : « nous n’en avons pas trouvé », au 5 novembre 2026, ne veut pas dire qu’il n’en existe aucune. Si vous connaissez une évaluation sur des contrats français, c’est elle qu’il faudra lire d’abord.

Et maintenant ?

Reprenez de ces travaux la liste des champs difficiles et la règle de notation, puis testez sur votre stock. Si celui-ci est en anglais, de type common law et bien numérisé, vous pouvez accorder plus de poids à ces résultats pour choisir quoi tester en premier.

Preuves et sources

Huit travaux lus le 5 novembre 2026, méthodes, tableaux et figures principaux. Le rapport Vals a été lu dans son édition de février 2025 ; une édition ultérieure n’a pas été recherchée. Au 5 novembre 2026, nous n’avons trouvé aucune évaluation sur des contrats français, et cette recherche reste incomplète.

Voir les 15 éléments : ce qui est un fait lu, une déclaration, notre déduction ou notre avis

Notre méthode