Dates écrites ou à déduire : l’IA ne les traite pas pareil
Vous comptez laisser l’IA remplir vos échéances et vous devez décider quelles dates vérifier une par une.
Vérifiez une par une le préavis et la fin après reconduction, tant que votre propre test n’a pas montré mieux. La date de signature peut sans doute suivre un contrôle par échantillon, et la date d’effet aussi si votre test le confirme : c’est une hypothèse à vérifier chez vous.
Notre position est une prudence assumée. Le préavis obtient de mauvais scores dans un banc sévère sur des contrats américains, sans preuve qu’il soit aussi faible en pratique. Mais une erreur sur cette date vous fait subir une année de plus, et elle se voit trop tard.
Notre avis
Séparez ce qui est écrit de ce qui se déduit. Une date écrite se contrôle sur le passage d’origine ; une date déduite exige une vérification systématique tant que votre test n’a pas montré mieux.
Pourquoi
- Les bancs lus notent le passage retrouvé. Aucun ne mesure le calcul d’une date de dénonciation : le meilleur score ne dirait donc pas que la date dans votre registre est juste.
- Dans les deux travaux sur CUAD, la date du contrat arrive loin devant le préavis. La date d’effet, elle, décroche aussi : ne la rangez pas d’office avec la signature.
- Le coût n’est pas symétrique. Une date de signature fausse se corrige. Un préavis faux peut déclencher une reconduction que personne n’a choisie.
Ce qui change notre avis
Si votre test montre un bon résultat sur ce champ, avec le bas de l’intervalle au-dessus de votre seuil, relâchez progressivement : d’abord un contrat sur deux, puis un échantillon, en gardant un contrôle tiré au sort.
L’ordre que nous conseillons
- Échantillon après test : date de signature et échéance initiale écrite.
- Échantillon seulement si votre test le permet : date d’effet.
- Vérification de chaque valeur : préavis, durée de renouvellement, fin après reconduction et toute date modifiée par un avenant.
Ce qu’on lit dans deux travaux, et ce qu’ils ne mesurent pas
Les deux sources utilisent CUAD : des contrats en anglais déposés auprès de la SEC américaine, que ses auteurs jugent plus compliqués et plus négociés que la moyenne. Les valeurs ci-dessous sont lues par nos soins sur leurs graphiques, à quelques points près. CUAD 2021 note un modèle d’avant les grands modèles de langage avec l’AUPR (score global de précision et de rappel, sur 100). ContractEval, une prépublication de 2025, note GPT 4.1 mini avec le F1 (précision et rappel combinés, sur 1) et une règle sévère : le passage doit être couvert en entier. Ces deux échelles ne se comparent pas. Et leur catégorie « date d’expiration » ne distingue pas une échéance écrite d’une durée à convertir en date : notre contrôle par échantillon ne vaut que pour la première.
| Date | CUAD 2021 (AUPR) | ContractEval 2025 (F1) | Notre contrôle |
|---|---|---|---|
| Date du contrat, de signature | environ 91 | environ 0,93 | Échantillon après test |
| Échéance initiale (date d’expiration) | environ 91 | environ 0,87 | Échantillon après test |
| Date d’effet | environ 52 | environ 0,73 | Selon votre test |
| Durée de renouvellement | environ 54 | environ 0,69 | Chaque valeur |
| Préavis de non-renouvellement | environ 50 | environ 0,33 | Chaque valeur |
| Fin après reconduction | non mesurée | non mesurée | Chaque valeur |
Le préavis : le texte et le graphique ne disent pas la même chose
ContractEval écrit que les deux modèles examinés obtiennent des scores presque nuls sur le préavis de non-renouvellement. Sa figure 4, à la page suivante, montre pourtant environ 0,33 pour GPT 4.1 mini et 0,23 pour Gemma 3 12B. Nous retenons le graphique pour les valeurs et la conclusion commune : le préavis est nettement plus bas que la date du contrat. Et dans CUAD 2021, avec une autre règle, il atteint environ 50 sur 100.
Entre ces deux travaux, le modèle, la mesure et la règle changent à la fois : l’écart ne dit pas lequel des trois pèse le plus. Il ne prouve ni que le préavis soit presque impossible à relever, ni qu’il soit sûr. D’où une règle de prudence plutôt qu’un chiffre : vérifiez, jusqu’à ce que vos propres contrats aient répondu.
Pourquoi un préavis est plus difficile à fiabiliser
Prenez une clause fictive : « Le contrat est conclu pour trois ans à compter du 1er mars 2024, puis se renouvelle par périodes d’un an, sauf dénonciation trois mois avant l’échéance. » Le registre attend une date. Pour la produire, il faut la date d’effet, la durée, le nombre de renouvellements déjà passés et le préavis, puis vérifier qu’aucun avenant n’a changé l’un d’eux. Un outil peut retrouver la bonne phrase et se tromper dans la date, et les bancs lus ne verraient pas cette erreur.
Les auteurs de Box, un éditeur de gestion documentaire, rangent d’ailleurs les calculs de dates complexes et les renvois entre parties du document parmi les cas qui demandent au modèle de raisonner par étapes. Ils ne publient pas de taux pour ces cas. Le calcul de la date et le traitement des avenants ont chacun leur page.
Relâcher le contrôle sans vous exposer
- Testez ce champ à part. Séparez signature, effet, échéance, préavis et fin après reconduction dans votre grille. Une ligne « dates » unique cacherait exactement ce que vous cherchez.
- Notez la valeur et le passage. Pour un préavis, la réponse est juste si le nombre de jours, le point de départ et la date calculée le sont. Retrouver la clause ne suffit pas.
- Comparez le bas de l’intervalle à votre seuil. Tant qu’il reste au-dessous, gardez la vérification de chaque valeur. Le seuil dépend de ce que vous coûte une reconduction subie.
- Allégez par paliers. Gardez toujours un échantillon tiré au sort, et revenez à la vérification complète après un changement de modèle, de type de contrat ou de qualité de scan.
Limites de cette page
Les études lues portent sur des contrats en anglais de type américain et des modèles d’IA interrogés sans logiciel de contrats, et certaines valeurs sont lues sur des graphiques. Elles ne disent rien de contrats français, de scans dégradés ou d’un logiciel du marché. Le classement signature, échéance, effet est donc une hypothèse à confirmer chez vous.
Preuves et sources
Articles CUAD et ContractEval, tableaux et figures compris, lus le 5 novembre 2026. Aucun logiciel testé. Aucune étude lue sur des contrats français.
Voir les 7 éléments : ce qui est un fait lu, une déclaration, notre déduction ou notre avis
Notre déduction. Lecture approximative de la figure 4 de CUAD (AUPR sur 100, DeBERTa-xlarge) : date du contrat environ 91, date d’expiration environ 91, durée de renouvellement environ 54, date d’effet environ 52, préavis de non-renouvellement environ 50.
Portée : Contrats en anglais déposés auprès de la SEC ; modèle de 2021.
Réserve : Valeurs lues à l’œil. Ne dit rien de contrats français.
Relevé le 5 novembre 2026.
- Hendrycks et al. (NeurIPS 2021, Datasets and Benchmarks) : CUAD: An Expert-Annotated NLP Dataset for Legal Contract Review arXiv v2, 8 nov. 2021. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Notre déduction. Lecture approximative de la figure 4 de ContractEval (F1 de GPT 4.1 mini) : date du contrat environ 0,93, date d’expiration environ 0,87, date d’effet environ 0,73, durée de renouvellement environ 0,69, préavis environ 0,33 (Gemma 3 12B : environ 0,23).
Portée : Jeu de test de CUAD, contrats en anglais, règle de couverture complète, modèles appelés directement.
Réserve : Valeurs lues à l’œil. Ne mesure ni un logiciel CLM ni un contrat français.
Relevé le 5 novembre 2026.
- Liu et al. : ContractEval: Benchmarking LLMs for Clause-Level Legal Risk Identification in Commercial Contracts arXiv v1, 5 août 2025. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Le texte de ContractEval écrit « near-zero scores » pour le préavis de non-renouvellement, chez les deux modèles examinés.
Portée : Section 4.6.
Réserve : Contredit par la figure de la page suivante : nous décrivons les deux et retenons « nettement plus bas ». Pas de preuve d’une telle faiblesse en pratique.
Relevé le 5 novembre 2026.
- Liu et al. : ContractEval: Benchmarking LLMs for Clause-Level Legal Risk Identification in Commercial Contracts arXiv v1, 5 août 2025. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Notre déduction. ContractEval demande de renvoyer les phrases du contrat qui répondent à la question : le score note le passage retrouvé, et non une date calculée. Aucun banc lu ne mesure le calcul d’une date de dénonciation.
Portée : Notre lecture des méthodes.
Réserve : Absence dans nos lectures.
Relevé le 5 novembre 2026.
- Liu et al. : ContractEval: Benchmarking LLMs for Clause-Level Legal Risk Identification in Commercial Contracts arXiv v1, 5 août 2025. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- Hendrycks et al. (NeurIPS 2021, Datasets and Benchmarks) : CUAD: An Expert-Annotated NLP Dataset for Legal Contract Review arXiv v2, 8 nov. 2021. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Les auteurs de CUAD précisent que ses contrats EDGAR sont plus compliqués et plus négociés que l’ensemble des contrats.
Portée : Article de 2021.
Relevé le 5 novembre 2026.
- Hendrycks et al. (NeurIPS 2021, Datasets and Benchmarks) : CUAD: An Expert-Annotated NLP Dataset for Legal Contract Review arXiv v2, 8 nov. 2021. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. Les auteurs de Box citent les calculs de dates complexes, les clauses conditionnelles et les renvois entre parties du document parmi les cas où le raisonnement par étapes aide le modèle.
Portée : Article d’auteurs salariés de Box, octobre 2025.
Réserve : Sans taux publié pour ces cas.
Relevé le 5 novembre 2026.
- Han & Jalagam (Box AI Platform) : Metadata Extraction Leveraging Large Language Models arXiv v1, 22 oct. 2025. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Notre avis. Vérification systématique du préavis et de la fin après reconduction tant que le test du lecteur n’a pas montré mieux ; échantillon après test pour signature, échéance initiale écrite et, si le test le permet, date d’effet.
Réserve : Prudence assumée, pas une mesure.
Relevé le 5 novembre 2026.